Un ours qui danse : « Danser encore » quoi qu’il arrive, notre critique de ce roman signé Vincent Jolit

La rédaction de danse-et-vous.com a lu avec attention le livre Un ours qui danse, le troisième roman de Vincent Jolit. Comme toujours, nous ne manquons pas de vous dire ce que nous en avons pensé !

Avant de vous dévoiler en détails ce que nous avons pensé de ce roman, quelques mots sur l’auteur Vincent Jolit s’imposent. Cet ouvrage est son troisième roman puisqu’il a d’ores-et-déjà publié Clichy en 2013 et Harmonie, harmonie en 2014. Après avoir exploité les thèmes de la littérature et de la musique, c’est donc à celui de la danse qu’il s’est attelé avec Un ours qui danse. A l’aide de l’histoire de trois personnages, sa réflexion entre l’art et la vie continue et on vous l’avoue : à la rédaction de danse-et-vous.com, nous avons été séduits par ce roman qui nous a transporté au fur et à mesure de notre lecture. Comme écrit précédemment, Un ours qui danse est un roman en trois temps centré sur la vie de trois personnages : Fiodor, Françoise et Franz. Au fur et à mesure de la lecture, il s’avère clairement que ces derniers ont tous un rapport particulier avec la danse, un rapport plus ou moins différent.  Nous avons analysé cet ouvrage, c’est parti pour notre critique !

Fiodor ou la danse comme moyen d’évoluer

Fiodor fait partie de la famille du cirque Ciniselli à Saint Petersbourg  et c’est tardivement qu’il a découvert son amour pour la danse. « Il se rend compte qu’il a une âme et que cette âme veut danser » et bien que cette discipline soit synonyme de liberté et de bonheur, elle est également synonyme de rupture puisque son souhait de devenir danseur causera une rupture avec son père Ivan qui ne comprend pas son choix. Cependant, à force de persévérance, Fiodor parviendra à se faire une place au célèbre théâtre Mariinsky et il fera partie des « ballets russes ».

De plus, l’histoire de ce personnage permet à l’auteur d’insérer un nouveau sujet à son roman : celui de l’homosexualité. En effet, Fiodor va découvrir qu’il est attiré par les hommes et il va enfouir son désir dans les débuts puisque rappelons que l’homosexualité est punie en Russie.

Ce que nous avons trouvé particulièrement intéressant dans le personnage de Fiodor, c’est de suivre son évolution au fur et à mesure du roman mais ce fut également le cas des autres personnages dont Franz.

Franz, danser pour s’échapper

Franz vient d’une famille où la danse est quelque chose « d’inconvenant » selon les propres dires de sa mère qui paradoxalement, est une ancienne danseuse… Dans la danse, Franz cherche le moyen de s’émanciper : « Il veut savoir si par la danse, il peut définitivement s’émanciper et prendre ses distances ». Parce que oui, celui-ci n’a qu’une obsession : s’éloigner de sa famille et quitter le pays où il réside, l’Allemagne.

Constatant que la danse est un moyen de provocation, Franz danse encore et encore et malgré des embûches, il parviendra à partir de chez lui direction New-York pour de futurs projets chorégraphiques. Rapidement, Franz passera de danseur à chorégraphe car il veut « créer une œuvre pour dénoncer cette sorte de gens » soit ses parents qu’il méprise plus que tout. La danse est pour lui un moyen d’échapper à sa vie tant détestée mais aussi d’évoluer puisqu’il finira par monter une compagnie : « Nous allons tous ensemble participer à une œuvre » a-t-il déclaré à ses danseurs.

Malheureusement, Franz comprendra qu’il ne peut fuir qui il est et son passé ne cessera de le rattraper dès lors que son père le menace de mettre un terme à sa rente jusqu’à la mort de plusieurs personnes de sa famille (on ne vous dévoile pas lesquels, on ne souhaite pas spoiler votre lecture !). Cependant, nous retenons que grâce à la danse, Franz oublie sa condition le temps de quelques instants et ne dit-on pas qu’il vaut mieux quelques minutes de bonheur plutôt que rien ?

Françoise, danser pour vivre et accepter

Ultime personnage qui est sans nul doute notre préféré : celui de Françoise. Nous avons été touchés par la sincérité de celle qui depuis la naissance, « a un problème au pied ». Cette dernière n’accepte pas son corps et vit difficilement son handicap. C’est alors que son amie Monique lui proposera de se rendre avec elle à des cours de danse contemporaine, un véritable challenge pour Françoise qui dès lors, ne cessera de se lancer des défis. Bien qu’elle se sente ridicule lorsqu’elle danse (« je danse presque tous les jours. A chaque fois que je trébuche, je produis des gestes inattendus »), persévère malgré tout. D’ailleurs, son handicap passera progressivement au second plan bien que toujours présent : « Ce pied que je n’aime pas […] peut très bien me réserver des surprises ». Ainsi, la danse est un moyen pour Françoise de trouver un sens à sa vie et bien qu’elle ne puisse pas résoudre tous ses soucis, elle continuera de danser malgré tout.

>> Si ces lignes vous ont donné envie de découvrir ce roman, sachez qu’il est paru aujourd’hui même aux Éditons de la Martinière alors n’hésitez pas à vous le procurer et à nous dire ce que vous en avez pensé ! 🙂

About The Author: Meryl Frezal

Diplômée d'une licence de lettres modernes mention rédaction professionnelle et communication multimédia, je me suis lancée dans le journalisme suite à un stage de fin d'étude par goût de l'écriture et du contact avec les autres. Résultat : Après une expérience de deux années en tant que rédactrice en chef adjointe pour un média, j'ai décidé de lancer mon propre site et de le consacrer à ma passion : la danse bien sûr !

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