Son rêve à lui : Olivia N’Ganga, « c’est un film qui parle à toutes les personnes passionnées » (INTERVIEW EXCLUSIVE)

La rédaction de danse-et-vous.com a eu la chance d’échanger quelques mots avec Olivia N’Ganga qui a co-écrit et co-réalisé le film « Son rêve à lui ». On vous dévoile les propos de celle-ci. 

C’était il y a quelques jours maintenant : la rédac’ de danse-et-vous.com vous a informé que le documentaire « Son rêve à lui » sera diffusé le 28 novembre prochain sur France 3. Alors que la danse classique compte majoritairement des danseuses, l’histoire de ce film se place du côté des danseurs qui commente la gent féminine, passent par des moments de doutes, de souffrance mais aussi de bonheur. Nous avons souhaité en savoir plus sur « Son rêve à lui » et Olivia N’Ganga a accepté de répondre à nos questions. C’est parti pour son interview !

DEV – Bonjour Olivia et merci de répondre aux questions de danse-et-vous.com ! Vous avez co-écrit et co-réalisé le film documentaire « Son rêve à lui » qui sera diffusé sur France 3 le 28 novembre prochain. Comment est né ce projet ?

Olivia – Le projet est né grâce à mon petit frère qui pratiquait la danse classique au conservatoire de Tours en même temps que moi. La seule différence qu’il y avait entre lui et moi, c’était le fait qu’il soit le seul garçon dans son cours de danse déjà à l’époque. Il a dû se confronter très tôt aux moqueries et à l’adversité qu’un garçon peut rencontrer lorsqu’il se passionne pour la danse. Puis, à l’occasion d’un tournage, j’ai rencontré un jeune danseur à l’école de l’Opéra de Paris. Il était d’origine italienne et il avait tout quitté pour vivre sa passion alors qu’il n’avait que 8 ans. Ce fût mon déclic !

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Olivia N’ganga

DEV – Celui-ci est exclusivement dédié aux garçons qui exercent la danse classique. Pourquoi ce choix ?

Olivia – Oui, ce film documentaire rend hommage à tous les garçons qui comme mon frère, souhaitent vivre leur passion au grand jour. Il y a beaucoup trop de films qui parlent de la danse classique en mettant de côté les garçons. On parle des garçons uniquement lorsqu’ils sont célèbres (P.Dupont, F.Alu et j’en passe). Il faut quand même souligner que ces garçons doivent suivre une formation spécifique pour atteindre ce niveau. C’est un réel parcours du combattant. Il y a la musculation, le mental mais aussi ce combat au quotidien, faire admettre à l’entourage et aux proches que la danse est un vrai métier.

DEV – Vous vous êtes intéressée au quotidien de ces jeunes élèves. Avez-vous été marqué par un ou plusieurs élément(s) ?

Olivia – Oui, dans le quotidien de ces jeunes élèves, en particulier dans le cas d’Alban et François. Ce qui m’a frappé, c’est qu’ils consacrent la totalité de leur temps à leur passion. Ils ne font aucune concession aux autres activités des jeunes de leur âge (cinéma, sorties, petite copine…). Ces garçons sont prêts à tout les sacrifices pour arriver à leur l’objectif, vivre de leur passion.

DEV – Vous avez travaillé sur ce film avec Mikaël Dinic, un réalisateur indépendant passionné des arts de la danse et de la musique. Comment est née votre collaboration ?

Olivia – J’ai décidé de co-écrire et co-réaliser ce documentaire avec Mikaël Dinic car lui même a fait de la danse durant plusieurs années. Il avait même songé a une époque à en faire son métier. Il a vécu la même expérience que mon frère. Dans le milieu modeste où il évoluait, un garçon qui fait de la danse était très mal perçu. Il a donc caché cette passion à ses camarades de classe. J’ai décidé de collaborer avec Mikaël car j’ai voulu que ce film soit juste mais aussi pour apporter une vision masculine qui était nécessaire pour que nous puissions être réalistes dans nos propos. De plus, il a une sensibilité artistique hors du commun, je ne pouvais donc pas me passer de son regard.

DEV – Dans les quelques images de la bande-annonce, on peut apercevoir le danseur Patrick Dupond. Quel est son « rôle » précisément au sein de votre film ?

Olivia – Patrick Dupont est pour nous en France la référence ultime de la danse classique au masculin. Il n’y avait pas de danseur mieux placé que lui pour nous parler de cette discipline. Cet homme passionné encore aujourd’hui, a tout vécu et dispose du recul nécessaire pour être crédible dans ses propos. C’est pourquoi j’ai voulu faire de lui le fil rouge du film. Même si Patrick Dupond a un parcours exceptionnel, le récit de son expérience entre en résonance avec l’histoire de chacun de nos protagonistes. Plus encore, avec tous les danseurs du monde.

DEV – « Son rêve à lui » s’attaque notamment au préjugé selon lequel la danse classique est un art réservé aux femmes. Pensez-vous que les mentalités évoluent progressivement ?

Olivia – Durant le tournage du film, j’ai été surprise de voir que les mentalités avaient évolué dans le bon sens depuis les années 90. Aujourd’hui, on accepte beaucoup mieux l’idée qu’un garçon fasse de la danse même classique. C’est certainement dû à l’essor de la culture HIP-HOP qui fait la part belle aux garçons et surtout qui met en avant l’aspect athlétique de la danse qui est également très présent en classique.

DEV – Avez-vous d’autres projets cinématographiques ou autres en rapport avec la danse ?

Olivia – Oui, étant une grande passionnée, je ne peux m’empêcher d’écrire des histoires autour de cet art. En ce moment, je travaille sur deux projets, l’un parle de la danse et le handicap et l’autre est toujours en rapport avec la danse mais il va nous emmener un peu plus loin sur la planète. Je ne peux pas en dire plus pour l’instant mais j’espère vous faire découvrir d’autres talents qui dépassent les frontières.

DEV – Enfin, si vous deviez qualifier « Son rêve à lui » en quelques mots, quels seraient-ils ?

Olivia – « Son rêve à lui » est mon premier film documentaire, il a donc pour moi une importance très particulière. C’est un peu notre histoire à tous, la mienne, celle de Mikaël, celle de mon frère. Mais au-delà de la danse, c’est un film qui parle à toutes les personnes passionnées. Si je devais le qualifier, je dirais qu’il a était fait avec le cœur, qu’il est humain et profondément optimiste avant tout.

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Nul doute qu’Olivia n’a pas fini de nous surprendre !

Interview : Meryl Frezal

Crédit photos : clichés fournis par Olivia N’Ganga 

About The Author: Meryl Frezal

Diplômée d'une licence de lettres modernes mention rédaction professionnelle et communication multimédia, je me suis lancée dans le journalisme suite à un stage de fin d'étude par goût de l'écriture et du contact avec les autres. Résultat : Après une expérience de deux années en tant que rédactrice en chef adjointe pour un média, j'ai décidé de lancer mon propre site et de le consacrer à ma passion : la danse bien sûr !

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