Relève histoire d’une création : Être un danseur libre et passionné, notre critique du documentaire !

En décembre 2015, un documentaire autour du travail de création d’un ballet de Benjamin Millepied auprès des jeunes danseurs de l’Opéra a été diffusé sur Canal +. Une version inédite cinéma intitulée « Relève histoire d’une création » est visible dès aujourd’hui; danse-et-vous.com vous dévoile sa critique.  

Lorsque Benjamin Millepied, célèbre danseur et chorégraphe français, fut nommé directeur de la danse de l’Opéra National de Paris en novembre 2014 pour succéder à Brigitte Lefevre, la nouvelle fut grand bruit. En effet, celui-ci était attendu pour apporter un regard nouveau, plus moderne sur cette fameuse et prestigieuse institution. D’ailleurs, celui-ci n’a pas failli à cette tâche puisque ces méthodes de travail et ses choix aussi bien créatifs qu’ambitieux ont révolutionné les codes de la danse classique. Ainsi, lorsque nous avons appris son départ le 4 février dernier, nous avons eu un pincement au coeur. Alors qu’Aurélie Dupont [ndlr, qui lui a succédé] a pris ses fonctions il y a peu, un documentaire consacré au processus de création du nouveau ballet de Benjamin Millepied est visible depuis ce mercredi 7 septembre au cinéma. « Relève histoire d’une création » est une véritable immersion artistique pendant laquelle le travail de l’ex directeur de la danse de l’Opéra de Paris avec plusieurs danseurs du ballet « Clear, Loud, Bright, Forward » est mis en avant. Nous avons visionné les images de ce film et bien sûr, on vous délivre sans plus tarder notre critique !

Danser avec passion avant tout

Ce qui nous a le plus marqué pendant le visionnage de ce documentaire, c’est que l’accent est particulièrement porté sur le fait que danser avec passion est primordial pour réussir en tant que danseur. En effet, la danse classique est une discipline qui demande beaucoup de rigueur et une grande technique mais les danseurs doivent toujours se souvenir qu’ils dansent avant tout parce qu’ils aiment réellement la danse. Benjamin Millepied a souligné cela plusieurs fois pendant le tournage du long-métrage et il explique notamment que sa vision des choses vient du fait qu’il a eu « la chance d’avoir une grande liberté » et que c’est pour cela qu’il souhaite « passer par l’expression et le fun avant tout ». D’ailleurs, nous apprenons une petite anecdote pendant ce documentaire selon laquelle Benjamin Millepied craignait la rigidité de l’Opéra de Paris si bien qu’il ne voulait pas se retrouver au sein de cette institution (cela ne l’a pas empêché d’être nommé directeur de la danse de cette institution !). Celui-ci est pour une certaine façon d’enseigner et il n’hésite pas rappeler à ses danseurs que la passion et l’amour de la danse sont primordiales si on veut être un danseur accompli. Au fur et à mesure du documentaire, nous nous sommes sentis plus proches de Benjamin Millepied puisqu’il est l’opposé de l’enseignant sévère et inaccessible dont nous avons l’image. Au contraire, il est proche de ses danseurs et se soucie d’eux. On l’a vu à plusieurs reprises et ce, notamment lorsque certains se sont blessés en répétition. Il a récemment déclaré au Journal du Dimanche avoir besoin de vivre son art « dans une totale liberté » et face à une institution comme l’Opéra de Paris, le changement n’est pas toujours le bienvenue. Toutefois, bien que Benjamin Millepied ne soit pas resté aussi longtemps qu’il le souhaitait en tant que directeur de la danse, il a su faire quelque peu évoluer les mentalités.

Benjamin Millepied, un danseur libre

Benjamin Millepied est quelqu’un qui n’hésite pas à dire à dire tout haut ce qu’il pense. Ainsi, il n’hésite pas à critiquer certaines choses comme la hiérarchie qui « classe » sans cesse les danseurs et crée beaucoup de peur, de remise en question. Selon lui, ceux-là n’ont pas besoin de ça puisqu’ils sont amenés en permanence à se renouveler, se dépasser et ce, notamment avec les auditions et les concours qui sont de rigueur. De plus, il a évoqué le problème de la couleur de peau [ndlr, la grande majorité des danseurs ont la peau blanche], une « énorme connerie » selon ses propres termes. Toujours selon l’ex directeur de la danse, un danseur dans un corps de ballet doit se démarquer et non se fondre dans la masse comme cela ne cesse d’être préconisé. Une première : une métisse a obtenu un rôle d’étoile dans un ballet du répertoire classique, « La fille mal gardée ». Nous avons beaucoup aimé le moment où plusieurs danseurs ont témoigné et exprimé ce que la danse signifie pour eux mais aussi le fait qu’ils se sentaient plus libres grâce à l’arrivée de Benjamin Millepied. Ils ont pensé à plus de possibilités et quand ce n’est pas le mari de Natalie Portman qui évoque le problème de hiérarchie, ce sont les danseurs qui se confient à ce propos.

En plus d’un souci de faire évoluer les mentalités, Benjamin Millepied a également fait son possible pour mettre en place de nombreuses choses. Par exemple, il parle du plancher sur lequel dansent les danseurs qui doit être adapté pour eux puisqu’à force de faire des rebonds sur un sol non adapté, cela peut leur causer des blessures. De plus, il souhaitait également que les jeunes artistes, ces futures étoiles qui sont « la relève« , aient conscience qu’ils doivent prendre particulièrement soin de leur corps et c’est pourquoi il a tenu à ce que des médecins de la danse les accompagne véritablement. Il est clair que Benjamin Millepied est fier des artistes avec qui il travaille et cela se voit notamment lors du final qui est très émouvant lorsqu’un gros plan est fait sur son regard ému lorsqu’il voit ses danseurs sur scène. D’ailleurs, nous avons beaucoup apprécie que soient superposés des scènes des répétitions avec des séquences du spectacle ce qui nous permet de voir concrètement le rendu final du travail des danseurs.

Un espace digital de création, « 3e scène » a également été mis en place pendant la prise de poste de Benjamin Millepied. Le but était que des artistes soient invités à créer des œuvres originales liées à l’Opéra de Paris, une première !

La scénographie mise en lumière 

Certes, les danseurs et les diverses chorégraphies sont très importantes pour qu’une représentation soit réussie. Toutefois, il y a d’autres éléments qu’il ne faut pas omettre comme les costumes par exemple qui participent grandement à une mise en scène aboutie. La construction des décors également est importante et nous avons apprécié que ces éléments soient mis en avant pendant le documentaire. La scénographie elle aussi est essentielle et elle peu souvent mise en lumière alors qu’elle participe grandement à la réussite d’une représentation.

>> Si nous devions vous résumer en quelques mots ce que nous avons pensé de ce documentaire, nous vous dirions que c’est une réussite. Cela nous a permis de nous plonger véritablement au cœur de l’Opéra de Paris et surtout, de découvrir davantage le travail des danseurs, de leur chorégraphe et de toute une équipe technique. Nous vous encourageons à le visionner dans une salle de cinéma proche de chez vous; la liste de celles qui diffusent ce documentaire a été dévoilée sur la page Facebook du film alors vous savez ce qu’il vous reste à faire ! 🙂

Critique : Meryl Frezal

Crédit photo/vidéo :  Falabracks – KMBO 

 

 

 

About The Author: Meryl Frezal

Diplômée d'une licence de lettres modernes mention rédaction professionnelle et communication multimédia, je me suis lancée dans le journalisme suite à un stage de fin d'étude par goût de l'écriture et du contact avec les autres. Résultat : Après une expérience de deux années en tant que rédactrice en chef adjointe pour un média, j'ai décidé de lancer mon propre site et de le consacrer à ma passion : la danse bien sûr !

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