Mémoire d’un vieux tzigane : « La danse, c’est la vie », notre critique du spectacle !

Vendredi dernier, nous nous sommes rendus au théâtre de Ménilmontant dans le 20e arrondissement de Paris pour assister à une représentation de « Mémoire d’un vieux tzigane ». C’est parti pour notre critique du spectacle sur danse-magazine.com !

Aujourd’hui s’est déroulée l’ultime représentation du spectacle « Mémoire d’un vieux tzigane » et si il y a bien une chose que nous espérons à la rédac’ de danse-magazine.com, c’est que vous vous êtes rendus au théâtre de Ménilmontant pour admirer cette création artistique qui mêle chant, danse et théâtre. De notre côté, nous ne sommes pas passés à côté et une chose est sûre, nous ne regrettons pas d’y être allé. « Mémoire d’un vieux tzigane » conte la vie et les souvenirs de Pétia, un professeur de danse tzigane qui vit à Paris. Dès le début du spectacle, nous comprenons que celui-ci est un homme qui vit dans le passé et aborde le présent tout en se remémorant sans cesse ses souvenirs passés. Il reçoit la visite d’une amie d’enfance et chanteuse tzigane, Motia, accompagnée de son mari guitariste Sacha (dans la vraie vie, Pétia Iourtchenko a formé un trio intitulé « Arbat » avec le chanteur et guitariste Pascal De Loutchek mais aussi avec Lilia Dalskaïa, chanteuse et ex-comédienne du Théâtre Romen qu’il a intégré). Ensemble, ils se rappellent de nombreuses choses et au fur et à mesure de la pièce, nous partons à la rencontre de Pétia, ce professeur de danse tzigane exigeant qui continue de donner des leçons à de jeunes élèves (membres de la compagnie Romano Atmo formée par le chorégraphe et sa femme Anne-Marie Iourtchenko) malgré son vieil âge. Toutefois, bien qu’il ne soit plus un jeune homme, il n’hésite pas à laisser sa canne de côté pour exécuter quelques pas, lui qui vit grâce et pour la danse. Parce que ce qui est à la fois intéressant et bouleversant en ce spectacle, c’est la définition que Pétia Iourtchenko donne de la danse.

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Dès le début de la représentation, celui-ci a affirmé : « la danse c’est la vie ». Cette phrase prend tout son sens pendant la pièce et ce, notamment lorsque la persécution des tziganes par les Nazis pendant la Seconde Guerre mondiale (appelée « Porajmos » ce qui signifie littéralement « dévorer ») est mise en scène. Celle-ci a commencé avant le début du conflit, en 1899 pour être précis, par la police de Bavière puis en 1933, avec les Nazis qui ont jugé que le mode de vie « bohémien » des tziganes ne pouvait être toléré et que ceux-là avait un sang jugé étranger qui n’était pas désiré. Des photos des camps sont alors montrées au public par le biais d’un rétroprojecteur  et alors que ces clichés sont d’ores-et-déjà bouleversants, la mise en scène des persécutions des tziganes avec les danseurs est poignante. Pas un bruit dans la salle de théâtre n’a été entendu pendant quelques minutes tant le jeu des artistes était réaliste. La danse semble alors un moyen de lutter pour rester en vie puisque les danseurs dansent à la demande d’un officier nazi qui leur ordonne d’exécuter quelques pas avant de leur faire enlever leurs chaussures et de finir étouffés par le gaz des chambres où ils sont jetés… Ainsi, après la danse qui donne vie, on observe que la danse a un sens plus morbide puisque les jeunes gens ont dansé jusqu’à l’épuisement.

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Autre moment de la pièce qui a été particulièrement émouvant (nous n’avons pas pu nous empêcher de verses quelques larmes), le passage qui est consacré à la mère défunte de Pétia. Le personnage se souvient de cette dernière après que son amie Motia lui ait chanté une chanson qui lui a rappelé celle-ci. Pétia semble alors totalement emprisonné dans son passé. Son émotion est si intense que nous avons le sentiment de ressentir les douleurs de l’homme mais malgré tout, il finit par se relever. Une danseuse se met derrière lui et lui prend les bras comme un oiseau déployant ses ailes pour s’apprêter à prendre son envol. Un envol vers une douleur qui s’estompe progressivement et c’est grâce à la danse que cela est possible. Un nouveau sens est alors donné à celle-ci : celui de la danse comme remède. La joie se lit sur le visage de Pétia qui semble retrouver une seconde jeunesse.

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Par la suite, un jeune danseur vient assister à son cours de danse avec Pétia et alors que le professeur est toujours insatisfait des performances des artistes qu’il forme (« c’est pas mal » dit-il à chaque fois), il reste subjugué face à la danse de ce jeune garçon qui est une métaphore de la vie qui continue. Parce que la danse est avant tout un moyen de faire ressentir de la joie et d’en ressentir soi-même, le spectacle se clôt avec ce sens-là. L’intégralité des danseurs se réunit sur scène pour danser en compagnie de Pétia, Motia et Sacha. Une belle manière de finir ce spectacle qui nous aura fait ressentir de nombreuses émotions et si il y a bien une chose que nous avons envie de dire à tous ces artistes, c’est MERCI. Merci d’avoir réussi à nous avoir fait voyager à travers le temps mais aussi de nous avoir prouvé qu’on se remet de tout et ce, peu importe les épreuves par lesquelles nous passons.

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Critique : Meryl Frezal

Crédits photos : dansetzigane.com

About The Author: Meryl Frezal

Diplômée d'une licence de lettres modernes mention rédaction professionnelle et communication multimédia, je me suis lancée dans le journalisme suite à un stage de fin d'étude par goût de l'écriture et du contact avec les autres. Résultat : Après une expérience de deux années en tant que rédactrice en chef adjointe pour un média, j'ai décidé de lancer mon propre site et de le consacrer à ma passion : la danse bien sûr !

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