Carmen et Suite Flamenca : La puissance du flamenco au Casino de Paris, notre critique !

Depuis le 2 décembre dernier, la compagnie Antonio Gades s’est installée au Casino de Paris après avoir connu un triomphe au Palais des Congrès en 2012. La rédac’ de danse-et-vous.com s’est rendue à une représentation de leur spectacle, on vous dit ce que nous en avons pensé. 

Avant de vous dévoiler en détails ce que nous avons pensé de ce spectacle, quelques mots sur la Fondation Antonio Gades ne seraient pas de trop selon nous. Celle-ci a été fondée peu de temps après la mort du danseur et chorégraphe (qui est décédé en 2004). Ce dernier a largement contribué à populariser le flamenco sur la scène internationale et aujourd’hui, cette fondation est dirigée par sa veuve Eugenia Eiriz. Conserver, diffuser, former et mener des actions sociales, voilà quels sont les principaux objectifs de la fondation. Antonio Gades a acquis une grande renommée grâce à son style nerveux et intense qui a fait de lui un artiste de talent (bien qu’il aurait aimé qu’on parle de lui comme un « artisan de la culture » plutôt que comme un artiste !). Le danseur et chorégraphe tenait tout particulièrement à conserver un véritable respect de la tradition et la fondation tient à véhiculer les valeurs qui étaient chères à monsieur Gades. Depuis le 2 décembre dernier, les ballets Suite Flamenca (1968) et Carmen (1983) sont présentés au public du Casino de Paris. Vendredi  4 décembre dernier, nous avons regardé avec attention ceux-là et pour commencer, focus sur Suite Flamenca.

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Ce ballet est composé de six tableaux qui dévoilent des solos, des duos mais encore des danses de groupe. D’ailleurs, Suite Flamenca s’ouvre sur un premier tableau, Bulerías, pour lequel toute la compagnie danse sur scène (les Bulerías sont une forme vive et énergique du flamenco) puis vient le Martinete (chant traditionnel) avec Alfredo Tejada puis Soleá avec les solistes Jacob Guerreri et Miguel Àngel Rojas et enfin Tanguillos (tango espagnol) avec la scène finale. Nous avons beaucoup aimé la première partie de ce spectacle. Nous pensons notamment à la façon dont la chanteuse a claqué ses doigts pour se donner un rythme et la précision avec laquelle elle l’a fait (d’ailleurs, il n’y a pas eu un bruit dans la salle à ce moment-là). L’intensité de la danse s’est ressentie aussi bien dans les mouvements des artistes que sur leurs visages. Nous avons été séduits par les chorégraphies qui étaient pleines de grâce et de puissance à la fois. La synchronisation des artistes était parfaite et lorsqu’ils ont dansé tous ensemble, leur danse est devenue de plus en plus énergique et belle à voir. Bref, ce fut un régal ! D’ailleurs, nous avons trouvé cette première partie un peu courte comparée à la seconde…

Suite Flamenca_017_ (c) Wan Xiaojing

Suite Flamenca_024_ (c) Juan Diego Castillo_Archivo FAG

Après Suite Flamenca, la ballet Carmen (d’après la nouvelle de Prosper Mérimée) nous a été présenté. Celui-ci fut composé de douze tableaux qui ont mis en scène la légende tragique de Carmen (interprétée par María José López).Si vous ne connaissez pas cette histoire, permettez-nous de vous la présenter. La jeune femme est une gitane mariée mais qui ne respecte pas ses vœux de fidélité. Elle va tomber sous le charme du soldat Don José qui dans un premier temps la rejette. Toutefois, cette situation ne dure pas longtemps puisque dans un second temps, il tombe amoureux d’elle si bien qu’il va même jusqu’à tuer son mari pour qu’ils puissent être ensemble. Toutefois, Carmen tombera sous le charme d’un toréador et Don José, fou de jalousie, finira par la tuer. Vous l’aurez compris, le ballet nous promettait d’emblée d’osciller entre joie et drame, amour et haine. De ce côté-là, nous avons été conquis. María José López et Miguel Lara (Don José) ont joué à la perfection les rôles du couple passionnel. Quant au mari Miguel Àngel Rojas et à Jairo Rodríguez (le toréador), ils ont également été convaincants. Nous avons eu un coup de coeur pour la scène de l’arrestation de Don José et celle où il se retrouve en prison (la mise en scène avec les miroirs fut bien pensée !). La seconde partie de la soirée fut plus théâtrale que dansante contrairement à la première ce que nous avons regretté. De plus, elle était plus lente et c’est là que les propos d’Antonio Gades à propos de sa danse prennent tout son sens : « Il me semble nécéssaire de faire toujours les choses au mieux. Regardez comme je suis lent : en quarante ans, j’ai fait quatre ballets […] ».

Carmen_016_ (c) Luca di Bartolo

Carmen_003_ (c) Luca di Bartolo

Carmen et Don José

Cependant, nous restons sur une note positive puisque globalement, nous avons passé un bon moment ! Si vous aussi vous souhaitez voir ce spectacle, vous avez jusqu’au 13 décembre prochain pour voir la compagnie Antonio Gades au Casino de Paris et il vous est possible de réserver ici.

Critique : Meryl Frezal

Crédit photos : Affiche Val Productions – Juan Diego Castillo, Wan Xiaojing, Luca Di Bartolo

About The Author: Meryl Frezal

Diplômée d'une licence de lettres modernes mention rédaction professionnelle et communication multimédia, je me suis lancée dans le journalisme suite à un stage de fin d'étude par goût de l'écriture et du contact avec les autres. Résultat : Après une expérience de deux années en tant que rédactrice en chef adjointe pour un média, j'ai décidé de lancer mon propre site et de le consacrer à ma passion : la danse bien sûr !

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