Ça balance pas mal à Paris

À l’approche de la Paris Gatsby Night, au Cabaret Sauvage, le 10 octobre, danse-et-vous.com s’est penché sur le phénomène du lindy hop et la culture qui l’entoure. Flashback dans les années 1920-30.

De Harlem à Panam

Pour beaucoup l’abréviation lindy rime avec hindi, la langue la plus parlée de l’Inde. Gare à l’amalgame ! Né à Harlem, à la fin des années 1920, le lindy hop (nom complet) appartient à la famille des « danses swing » qui, contrairement au Charleston par exemple, se pratiquent en couple. Lui succèdent, sur les mêmes accords, le shag, le be-bop, le balboa, dans les années 1930-40. Son retour sur la scène française ne date toutefois que d’une dizaine d’années. On le doit notamment aux Fous du swing, club lancé en 1998 par trois couples d’amis, Myriam et Gilles Passavant, Véronique et Bruno David ainsi que Cathy et Gilbert Cadene. Depuis, les associations ne cessent de se multiplier. Spirit of Lindy, MatouSwing, 3S, les Chatons Swingueurs… Certaines vivent de leur passion, d’autres non. La benjamine, Shake That Swing est passée de 50 à 600 élèves, en un an et demi. Partout, ailleurs, les cours affichent complet. Un succès que beaucoup justifient par le dynamisme du swing « C’est une musique festive, joyeuse et accessible », déclare Paulo, l’ambassadeur de BrotherSwing (850 élèves).

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Le boom des ballrooms

Sans ces associations, en tout cas, les swingueurs n’auraient nulle part où danser. Si le nom de Shake That Swing se voit souvent associé au Chalet du Lac (75012) ou au MAS (75013), l’équipe de BrotherSwing entretient une relation privilégiée avec la Bellevilloise. « Ce lieu y est pour beaucoup dans l’essor du lindy hop à Paris. Nous avons de la chance de pouvoir y donner des soirées », poursuit Paulo, également à l’origine des grands bals swings que programme le Cabaret Sauvage (75019). À ces salles prestigieuses s’ajoutent la Péniche Marcounet (75004), le Caveau de la Huchette (75005), la Java (75010), autant de repères où il fait bon sautiller de 18h à 2h environ.

Ouvertes à tous, la plupart des soirées sont précédées d’une initiation. Arrivent ensuite les intermédiaires-avancés, si bien qu’environ 200 couples finissent par se marcher dessus. La demande est telle que les professeurs doivent ouvrir de nouveaux cours. En attendant une nouvelle vague d’inscriptions, restent les stages et les festivals, l’occasion de se mêler à des danseurs d’horizons variés. « L’intérêt pour les festivaliers, c’est de pouvoir rencontrer des professeurs de renommée mondiale », précise Alexia Legoueix, à l’origine du Lindylicious.

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Rétro mais pas trop

Pour les lindyhoppers chaque événement est prétexte à se déguiser. Les hommes adoptent bretelles et nœuds papillon; les femmes, jupes droites et chemisiers. Côté pieds, deux options : les plus courageuses chaussent des talons, quoique certaines cachent une paire de tennis, griffées Keds, Armistice ou Victoria, dans leur sac. À l’entrée et l’étage respectifs du Cabaret Sauvage et de La Bellevilloise, il n’est pas rare de trouver des coiffeurs, prêts gominer les cheveux des cavaliers. « C’est toujours mieux de se plonger dans le mood rétro, même s’il n’est pas interdit de venir à une soirée en jean et baskets », soutient Alexia Legoueix. « En tant que professeurs, nous sommes là pour donner l’exemple, mais n’exigeons aucun dresscode. Tout le monde est libre », renchérit Paulo. Outre ses « Vides Dressing », ventes de vêtements de vintage, Shake That Swing vient de lancer des ateliers « Culture Swing ». On y apprend à faire un nœud papillon, à distinguer différentes structures musicales, à se maquiller à la mode des années 1920… Autant de questions soulevées, à l’occasion des grands bals qu’abrite, tous les mois, le Chalet du Lac. Il n’y a plus qu’à se mettre au lindy. Hop !

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Article : Sarah Belmont, 27 ans, Paris

Crédit photos :  Sarah Belmont

 

About The Author: Meryl Frezal

Diplômée d'une licence de lettres modernes mention rédaction professionnelle et communication multimédia, je me suis lancée dans le journalisme suite à un stage de fin d'étude par goût de l'écriture et du contact avec les autres. Résultat : Après une expérience de deux années en tant que rédactrice en chef adjointe pour un média, j'ai décidé de lancer mon propre site et de le consacrer à ma passion : la danse bien sûr !

Comments


  • Reply sara

    Juste une précision…. Les danseurs n’ont pas l’impression de « se déguiser ». Ils s’habillent, tout simplement, ou se sapent comme dirait Paulo. L’utilisation du terme se déguiser est péjoratif. Ce n’est pas parce qu’on adopte un dress code vintage qu’on se déguise!! Bien à vous

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