Alison Sapanet, danseuse pluridisciplinaire : « Je n’ai pas un rêve précis mais une multitude de possibilités » (INTERVIEW EXCLU)

Du haut de ses 23 ans, Alison Sapanet est une danseuse pleine de talent qui affiche un palmarès impressionnant. Celle-ci a un parcours atypique qu’elle a accepté de raconter à la rédaction de danse-et-vous.com.

Vous le savez, la rédac’ de danse-et-vous.com aime aller à la rencontre de professionnels de la danse pour qu’ils nous confient leurs projets, nous détaillent leur parcours ou encore, nous expliquent pourquoi ils sont des danseurs passionnés. Aujourd’hui, nous vous proposons de découvrir la jeune Alison Sapanet qui en plus d’être championne de cheerdancing et d’avoir remporté le concours Dans’encore, est une danseuse qui a de nombreuses possibilités devant elle et qui compte bel et bien les exploiter. Sans plus tarder, on vous propose de découvrir son interview passionnante !

DEV – Bonjour Alison ! Vous avez commencé la danse à l’âge de trois ans, comment est née votre passion pour cette discipline ?

A.S – Bonjour ! Mes parents sont d’anciens sportifs de haut niveau et également artistes. Ils sont tous deux devenus professeurs de sport en lycée et quand j’étais enfant, ils organisaient de grands spectacles avec leurs élèves. J’ai donc été spectatrice de leurs entraînements, cours et répétitions dès le plus jeune âge. À 3 ans, ma mère m’a demandé si je voulais mettre un petit tutu rose et aller à la danse. J’ai tout de suite dit oui ! J’ai donc débuté la danse classique donc l’école de mon village puis la gymnastique, ainsi que le rock acrobatique et le jazz dans les cours de ma mère avec des lycéens.

DEV – Vous avez intégré le CNSMDP (Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris) en 2006 puis vous avez été diplômée en 2011. Pouvez-vous nous raconter votre parcours en détails ?

A.S – J’ai suivi des cours de danse contemporaine toute mon année 2006 avec Corinne Lanselle et je lui ai dit vouloir entrer au CNSMDP. J’ai donc passé le concours d’entrée en mai et ai intégré la nouvelle promotion en septembre 2006. J’ai eu la chance de faire parti de la dernière promotion suivant le cursus avant son changement : en effet, à peu près tous les professeurs du cursus contemporain sont partis en retraite pendant ou juste après mon cursus. J’ai donc pu suivre les cours de Susan Alexander, Florence Vitrac, Peter Goss, André Lafont et Christine Gérard avant leurs départs. Lorsque je suis entrée au CNSMDP, j’étais en classe de troisième au collège. Les deux premières années, je suivais les cours de danse le matin et allait en cours l’après midi. J’étais également à l’internat. Les deux années suivantes, c’était l’inverse : les cours le matin et la danse l’après midi. Ces deux années ont été assez difficiles : passer le bac et suivre les cours au CNSM avec les UV d’histoire de la danse et de musique, c’était un programme très chargé. Une fois la quatrième année achevée, bac et UV en poche, c’était une libération ! J’ai intégré le junior ballet pour ma cinquième année et n’avais plus autre chose que la danse à penser. Nous sommes partis en tournée en France et en Allemagne présenter « les Noces » de Preljocaj et « Indivision » de Serge Ricci.

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La danseuse Alison Sapanet

DEV –  En 2012, vous avez été championne de cheerdancing et avez également participé aux championnats du monde de danse à Orlando en 2013. Pouvez-vous expliquer à nos lecteurs ce qu’est cette discipline et pourquoi vous êtes-vous dirigée vers celle-ci ?

A.S – Le cheerdancing est un discipline venant des États-Unis, elle allie danse très rythmique avec des sauts et des tours à la gymnastique. À la suite du CNSM, j’ai rejoint l’équipe avec laquelle j’ai été championne de France car j’avais besoin de fun ! Mon côté sportif me manquait et après 5 ans dans une institution très scolaire, j’avais besoin de changer d’air… C’était un parfait mélange entre technique de danse, performance sportive et tout le côté artistique que permet cette discipline entre musicalité et jeu de scène. Également, c’était agréable d’appartenir à une équipe après avoir été dans une ambiance plutôt individualiste. Les championnats du monde ont été une superbe expérience, j’en ai pris plein les yeux tant en terme de performance technique qu’artistique.

DEV – Par la suite, vous avez formé le duo « Sora » avec le danseur Réda Oumouzoune. Vous avez été finalistes de l’émission Arab’s Got Talent et vainqueurs du concours international Dans’encore . Pourquoi avoir choisi d’évoluer en binôme ?

A.S – Réda et moi nous sommes rencontrés au sein de l’équipe de cheer. La deuxième année, nous avons recruté des garçons afin d’augmenter le niveau de performance en y ajoutant des portés. Lui était comédien cascadeur, champion d’arts martiaux, il avait envie d’apprendre la danse. De mon côté, j’étais curieuse de toutes disciplines pouvant alimenter ma danse. Nous avions tout deux envie de passer le casting du Cirque du Soleil qui avait lieu à Montréal en juillet 2013 : nous avons donc décider d’allier nos forces afin de créer un duo : le duo SORA. Nous avons combiné danse, arts martiaux artistiques et portés acrobatiques. Nous avons été remarqués lors de ce casting ce qui nous a conduit à poursuivre en duo et nous a amené au Canada pendant quelques mois où nous avons remporté de le concours international Dans’Encore. Nous avons ensuite décidé de participer à l’émission « Arab’s Got Talent » et nous sommes arrivés en finale. Nous voulions faire connaitre notre travail à l’international.

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 Le duo Sora

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Le duo Sora lors de leur participation à Arabs Got Talent

DEV – Vous êtes actuellement en train de préparer votre visa d’artiste pour continuer votre carrière aux États-Unis, pourquoi ce choix ?

A.S – Je pense avoir pris goût au voyage puis après plusieurs voyages aux États-Unis d’abord avec ma team de cheer puis avec mon duo, j’ai adoré l’ambiance américaine. Ce sont des acharnés de travail, il y a énormément de structures pour s’entraîner, des castings tous les jours et peu importe d’où on vient, on nous regarde pour ce qu’on donne sur le moment. C’est l’ambiance qu’il faut pour avancer.

D.M – Pensez-vous que les possibilités de faire carrière dans la danse en France soient plus restreintes ?

A.S – Clairement ! Malheureusement il n’y a pas tant de castings que ça et c’est difficile d’y avoir accès si les contacts ne sont pas là. Les compagnies recrutent peu et sinon, il faut s’orienter dans la comédie musicale et encore une fois, l’accès y est restreint ou bien encore les parcs d’attractions ou cabarets. Pour ma part, je rêve d’autre chose.

DEV – Autre question à propos d’une danse en particulier cette fois-ci. Ces derniers temps sur la Toile, la question de la création d’un diplôme d’État pour le hip hop fait débat. Cette discipline doit-elle être réglementée selon vous ?

A.S – Je ne suis pas experte du hip hop et donc pas forcément la mieux placée pour émettre un avis… Cependant, je pense qu’il n’est mauvais pour personne d’avoir des notions d’anatomie, de musique et de pédagogie lorsque l’on donne des cours (plus particulièrement à des enfants ou débutants). Je pense qu’il faut faire la différence entre vouloir danser le hip hop et vouloir l’enseigner. Ce diplôme est il nécessaire ? Non. Peut-il être utile ? Oui.

DEV – Enfin, pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vos projets futurs ?

A.S – Premièrement, partir aux États-Unis ! J’ai beaucoup d’envies. Je n’ai pas un rêve précis mais une multitude de possibilités. J’ai la volonté de travailler et progresser dans tout les styles de danse, en gymnastique, cirque… Ma pluridisciplinarité me permet d’envisager plusieurs choses : que soit entrer dans une compagnie de danse, une équipe sportive (Lakers, Clippers..), une grosse production comme le cirque du soleil ou bien encore le cinéma qui sait. Je ne me ferme aucune porte et l’avenir fera le reste !

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Interview : Meryl Frezal

Crédit photos : Alison Sapanet/FremantleMedia/Jerry Art Motion et Greg CeeGee

About The Author: Meryl Frezal

Diplômée d'une licence de lettres modernes mention rédaction professionnelle et communication multimédia, je me suis lancée dans le journalisme suite à un stage de fin d'étude par goût de l'écriture et du contact avec les autres. Résultat : Après une expérience de deux années en tant que rédactrice en chef adjointe pour un média, j'ai décidé de lancer mon propre site et de le consacrer à ma passion : la danse bien sûr !

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